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Thérapie énergéticienne Hypersensibilité

Accueil » Identité profonde : comment savoir qui l’on est vraiment ?

Il arrive un moment où une question apparemment simple devient étonnamment difficile : qu’est-ce que je veux, moi ?

Nous savons parfois très bien ce que les autres attendent de nous. Nous savons être la personne fiable, celle qui s’adapte, celle qui rassure, celle qui réussit, celle qui ne dérange pas ou celle sur qui tout le monde peut compter. Nous avons appris à fonctionner dans notre famille, dans nos relations, dans notre travail et plus largement dans la société.

Et pourtant, derrière cette capacité à nous adapter, une sensation étrange peut progressivement apparaître : celle de ne plus vraiment savoir qui nous sommes.

Ce sentiment ne signifie pas nécessairement que nous avons “perdu” notre identité. Il peut plutôt indiquer que certaines adaptations ont pris tellement de place qu’il devient difficile de distinguer ce qui correspond réellement à nos besoins, nos valeurs et nos aspirations de ce que nous avons appris à être pour trouver notre place.

Retrouver son identité profonde ne consiste donc pas à découvrir quelque part en soi une version parfaitement pure et définitive de notre personnalité.

Il s’agit davantage de retrouver suffisamment de contact avec soi pour pouvoir reconnaître ce qui nous ressemble aujourd’hui : ce que nous aimons, ce que nous ne voulons plus, ce qui compte réellement pour nous, ce que nous ressentons, ce dont nous avons besoin et la manière dont nous souhaitons vivre.

Et parfois, ce chemin commence par une prise de conscience déroutante : “J’ai tellement appris à m’adapter que je ne sais plus toujours quand je suis réellement moi-même.”

Sommaire

Qu’est-ce que l’identité profonde ?

Notre identité ne se résume pas à notre prénom, notre métier, notre situation familiale ou aux rôle que nous occupons. Lorsque nous répondons à la question “qui êtes-vous ?”, nous avons pourtant tendance à commencer par ces éléments. Nous sommes thérapeute, parent, conjoint, enfant de telle famille, personnes hypersensibles, introvertie, indépendante, généreuse ou perfectionniste.

Ces caractéristiques disent quelque chose de nous, mais aucune ne suffit à nous définir entièrement.

Notre identité se construit à partir d’un ensemble beaucoup plus complexe : notre tempérament, notre histoire, nos expériences, nos relations, nos valeurs, nos besoins, nos désirs, nos choix et la manière dont nous donnons du sens à ce que nous vivons.

Elle n’est donc ni totalement innée ni entièrement fabriquée par notre environnement. Et surtout, elle n’est pas figée.

La personne que nous étions à vingt ans n’est pas exactement celle que nous sommes à quarante. Certaines valeurs restent profondément stables tandis que d’autres évoluent. Des aspirations apparaissent. Certaines certitudes disparaissent. Des expériences nous transforment.

Parler d’identité profonde ne signifie donc pas rechercher un “vrai soi” immuable qui aurait existé avant toutes nos expériences. L’expression peut plutôt désigner ce sentiment de cohérence intérieure qui apparaît lorsque notre manière de vivre correspond suffisamment à ce que nous ressentons, voulons et considérons comme important.

Nous ne jouons alors pas constamment un rôle pour répondre aux attentes extérieures. Nous pouvons nous reconnaître dans la vie que nous menons.

Comment notre identité se construit-elle ?

Nous apprenons très tôt qui nous sommes en partie à travers le regard des autres.

L’enfant découvre progressivement ses goûts et son tempérament, mais il observe également les réactions de son entourage. Certaines attitude suscitent de l’enthousiasme. D’autres provoquent de l’agacement, de l’inquiétude ou de la désapprobation.

Il comprend ainsi peu à peu ce qui semble acceptable dans son environnement.

Un enfant très expressif peut apprendre à contenir ses émotions si elles dérangent. Un autre comprend que ses résultats scolaires lui apportent beaucoup de reconnaissance et investit fortement la réussite. Un enfant particulièrement autonome peut recevoir tellement de compliments pour cette qualité qu’il devient ensuite difficile pour lui de demander de l’aide.

Ces expériences ne sont pas nécessairement négatives. Nous avons tous besoin de nous adapter pour vivre avec les autres. Grandir implique justement d’intégrer des règles, de tenir compte des besoins d’autrui, de développer certaines compétences et de découvrir que nous ne pouvons pas agir uniquement en fonction de nos envies immédiates.

L’adaptation fait donc partie de la construction de l’identité. La difficulté apparaît lorsque s’adapter exige régulièrement de mettre de côté des parties importantes de soi. Nous ne modifions plus seulement notre comportement en fonction d’une situation. Nous commençons à croire que certaines dimensions de nous-mêmes ne devraient pas exister.

S’adapter n’est pas nécessairement se perdre

Il est important de ne pas présenter toute adaptation comme une forme de renoncement à soi. Nous ne nous comportons pas exactement de la même manière avec un ami proche, un employeur, notre famille ou un inconnu. Nous ajustons naturellement notre langage, notre degré d’intimité et certains comportements au contexte.

Cette souplesse est une compétence relationnelle. Elle devient plus problématique lorsque l’écart entre ce que nous vivons intérieurement et ce que nous montrons extérieurement devient presque permanent.

Nous disons oui alors que nous voulons dire non. Nous faisons des choix importants principalement pour ne pas décevoir. Nous minimisons régulièrement nos émotions. Nous nous empêchons d’exprimer certaines opinions par peur du conflit. Nous poursuivons un mode de vie qui correspond davantage à ce que nous pensions devoir réussir qu’à ce qui nous nourrit réellement.

A force, une question peut devenir difficile : “Si personne n’attendait rien de moi, qu’est-ce que je choisirais ?”. Et lorsque nous ne savons plus répondre, ce n’est pas nécessairement parce que nous n’avons aucune identité. C’est parfois simplement parce que nous avons passé tellement de temps à consulter les attentes extérieures que nous avons cessé d’écouter nos propres règles.

La suradaptation : quand les attentes des autres deviennent notre boussole

La suradaptation va plus loin que la capacité normale à tenir compte de son environnement.

Elle apparaît lorsque nous modifions régulièrement nos comportements, nos besoins ou nos choix afin de préserver la relation, d’éviter le conflit, d’obtenir de la reconnaissance ou de rester conformes à ce que nous pensons que l’on attend de nous.

Ce fonctionnement peut être très discret.

Une personne suradaptée n’a pas nécessairement l’impression de jouer un personnage. Au contraire, certaines adaptations sont présentes depuis si longtemps qu’elles semblent faire partie de sa personnalité. Elle dira peut être :

  • “Je suis quelqu’un qui ne demande jamais rien.”
  • “Je préfère faire plaisir aux autres.”
  • “Je n’aime pas les conflits.”
  • “Je suis toujours disponible quand quelqu’un a besoin de moi.”
  • “Je dois tout faire parfaitement.”

Certaines de ces caractéristiques peuvent réellement correspondre à sa personnalité. Mais elles peuvent aussi contenir une stratégie apprise. La question devient alors : est-ce que je fonctionne ainsi parce que cela me ressemble ou parce qu’il m’est devenu difficile de fonctionner autrement ?

Une personne généreuse peut choisir de donner et également savoir refuser. Une personne autonome peut apprécier son indépendance tout en demandant de l’aide lorsqu’elle en a besoin. Une personne conciliante peut aimer l’harmonie sans renoncer systématiquement à son opinion.

Lorsque le comportement devient obligatoire intérieurement, nous ne sommes plus tout à fait dans une préférence. Nous sommes peut-être face à une adaptation devenue automatique.

Pourquoi certaines adaptations deviennent-elles si profondément ancrées ?

Certaines stratégies commencent très tôt. Comme nous l’avons vu avec les blessures de l’enfance, un enfant peut apprendre à être particulièrement attentif aux attentes de son environnement pour préserver le lien, obtenir de la reconnaissance ou simplement trouver une manière de se sentir suffisamment en sécurité.

Mais notre identité continue également à se construire bien après l’enfance.

Une relation amoureuse peut nous amener à réduire progressivement certaines parts de nous-mêmes. Une expérience professionnelle peut renforcer l’idée que nous devons toujours être performants. Des critiques répétées peuvent modifier notre manière de nous exprimer. Les normes sociales et culturelles influencent aussi ce que nous considérons comme désirable, réussi ou acceptable.

Nous accumulons ainsi des messages explicites et implicites sur la personne que nous devons être.

Il faut être fort mais pas trop exigeant. Ambitieux mais pas prétentieux. Disponible mais autonome. Sensible mais pas “trop”. Réussir professionnellement. Être en couple. Fonder une famille. Posséder certaines choses à certains âges. Nous ne suivons évidemment pas tous les mêmes normes.

Mais lorsque nous n’avons jamais réellement interrogé celles que nous avons intégrées, nous pouvons finir par poursuivre une vie dont nous n’avons jamais consciemment décidé qu’elle nous correspondait.

Et c’est parfois seulement lorsqu’un événement vient bouleverser cet équilibre que nous commençons à nous demander qui nous sommes derrière tout ce que nous avions appris à être.

Comment savoir si l’on s’est éloigné de soi ?

Il n’existe pas de moment précis où l’on “perd” son identité. Le processus est souvent progressif, ce qui explique qu’il puisse passer longtemps inaperçu.

Nous continuons à travailler, à entretenir nos relations, à prendre des décisions et parfois même à atteindre les objectifs que nous nous étions fixés. Extérieurement, rien ne semble nécessairement aller mal. Pourtant, quelque chose devient moins fluide intérieurement.

Nous pouvons ressentir une impression de décalage difficile à expliquer. Une vie qui paraît cohérente sur le papier ne nous procure plus la satisfaction attendue. Certaines obligations deviennent particulièrement lourdes. Nous éprouvons davantage d’irritabilité, de fatigue ou d’ennui sans toujours comprendre pourquoi.

Parfois, le signe le plus révélateur est encore plus simple : nous savons parfaitement ce que nous devons faire, mais beaucoup moins ce que nous avons envie de faire.

Lorsque quelqu’un nous demande ce que nous voulons vraiment, nous cherchons immédiatement une réponse raisonnable, réaliste ou acceptable. Nous réfléchissons aux conséquences, aux attentes des autres, à ce qui serait logique. Notre propre désir arrive beaucoup plus tard – lorsqu’il arrive.

Cela ne signifie pas nécessairement que toute notre vie est mauvaise ou qu’il faudrait tout changer. Ce sentiment peut simplement indiquer qu’une partie de nous demande à retrouver davantage de place.

Ne plus savoir ce que l’on veut

“Je ne sais pas ce que je veux” est une phrase que l’on entend souvent lors des périodes de remise en question.

Elle peut être particulièrement déstabilisante lorsqu’une personne a toujours été capable de prendre des décisions. Pourtant, cette difficulté ne traduit pas nécessairement une absence de désir. Parfois, le désir a simplement été tellement filtré qu’il devient difficile à entendre.

Avant même de nous demander ce que nous voulons, nous évaluons ce qui est possible, raisonnable, utile ou acceptable. Nous éliminons certaines envies parce qu’elles compliqueraient notre organisation. D’autres parce qu’elles risqueraient de déplaire. Certaines nous semblent trop ambitieuses, trop étranges ou incompatibles avec l’image que nous avons construite de nous-mêmes.

A force de pratiquer cette sélection, nous pouvons finir par ne plus percevoir les premières réponses qui apparaissent. Retrouver son identité profonde demande alors parfois de réapprendre à distinguer deux questions : “Qu’est-ce que je veux ?” et “Qu’est-ce que je vais décider d’en faire ?”

Nous pouvons vouloir quelque chose sans être obligés de le réaliser. Reconnaître un désir ne nous engage pas immédiatement à bouleverser notre existence. Cette distinction redonne une liberté précieuse : celle de pouvoir d’abord être honnête avec soi avant de décider ce qui est réellement possible ou souhaitable.

Quand le regard des autres influence nos choix

Nous sommes des êtres relationnels. Ils serait illusoire de prétendre que le regard des autres ne devrait jamais influencer nos décisions. Nous tenons compte des personnes que nous aimons, de nos responsabilités et des conséquences de nos choix. Cette attention fait partie de la vie en relation.

La difficulté apparaît lorsque l’approbation extérieure devient nécessaire pour nous autoriser à vouloir quelque chose.

Nous pouvons alors présenter une idée à plusieurs personnes avant même de savoir ce que nous en pensons. Une critique suffit à nous faire douter d’un choix qui nous enthousiasmait quelques heures auparavant. Nous cherchons constamment à vérifier si notre manière de vivre paraît normale, raisonnable ou légitime.

Le problème n’est pas de demander conseil. Il se situe dans la place que nous accordons suite à ces avis. Un conseil peut enrichir notre réflexion sans devenir une autorisation. Quelqu’un peut ne pas comprendre notre choix sans que celui-ci soit nécessairement mauvais. Et une décision peut être juste pour nous tout en provoquant de la déception chez une personne que nous aimons.

Retrouver son identité implique donc progressivement de pouvoir entendre les autres sans leur confier entièrement la définition de ce qui nous convient.

Les rôles que nous finissons par confondre avec notre identité

Nous occupons tous différents rôles au cours de notre vie.

Nous pouvons être enfant, parent, conjoint, ami, professionnel, aidant, responsable d’une équipe ou membre d’une communauté. Ces rôles structurent une partie de notre quotidien et peuvent avoir énormément d’importance pour nous.

Le problème apparaît lorsqu’un rôle devient si dominant que nous ne savons plus très bien qui nous sommes en dehors de lui. C’est particulièrement visible lorsqu’un rôle disparaît ou se transforme.

Un enfant quitte la maison. Une relation se termine. Nous perdons un emploi ou changeons de métier. Nous cessons de prendre soin d’une personne qui dépendrait beaucoup de nous. Une activité qui occupait une grande partie de notre vie n’existe plus.

La question “qui suis-je maintenant ?” peut alors surgir avec une force inattendue.

Ce bouleversement ne signifie pas que notre ancienne identité était fausse. Le rôle faisait réellement partie de nous. Mais il occupait peut-être tellement d’espace que d’autres dimensions avaient progressivement cessé d’être nourries.

C’est pourquoi certaines transitions de vie peuvent provoquer une véritable perte de repères. Elles retirent parfois une structure extérieure qui nous disait implicitement qui nous étions. Et dans le vide laissé par cette structure, une possibilité apparaît également : découvrir ce qui existe au-delà du rôle.

Hypersensibilité et identité : quand on apprend à être “moins soi”

Pour une personne hypersensible, la construction de l’identité peut parfois comporter une difficulté supplémentaire : celle d’avoir reçu très tôt le message que certaines de ses réactions étaient excessives. “Tu prends tout trop à cœur”, “il faut t’endurcir’, ‘tu réfléchis trop”, Arrête d’être aussi sensible.”

Lorsque ces remarques se répètent, la personne peut progressivement apprendre à se méfier d’une partie de son propre fonctionnement. Elle essaie de ressentir moins, de ne pas être affectée par certaines situations ou de correspondre davantage à ce qu’elle perçoit comme la bonne manière de réagir.

A l’âge adulte, cette adaptation peut devenir tellement habituelle qu’elle ne ressemble plus à une adaptation. La personne dira simplement : “Je suis comme ça”. Pourtant, derrière certains comportements peuvent coexister deux réalités : ce qu’elle est réellement et ce qu’elle a appris à faire pour que sa sensibilité prenne moins de place.

Retrouver son identité ne signifie pas pour autant attribuer chaque caractéristique à l’hypersensibilité. Cela consiste plutôt à pouvoir se demander avec davantage de liberté : quelles dimensions de moi ai-je appris à réduire parce qu’elles semblaient trop difficiles à faire accepter ?

Cette question peut concerner les émotions, mais aussi l’intuition, la créativité, le besoin de solitude, la profondeur des relations, le besoin de sens ou simplement un rythme de vie différent de celui de l’entourage.

Sommes-nous vraiment nous-mêmes lorsque nous sommes seuls ?

Nous entendons parfois que notre “vrai moi” serait celui qui apparaît lorsque personne ne nous regarde. La réalité est probablement plus nuancée.

Nous sommes également nous-mêmes dans nos relations. L’être humain se construit et évolue au contact des autres. Certaines facettes de notre personnalité n’apparaissent d’ailleurs que dans la rencontre : notre manière d’aimer, de collaborer, de rire, de soutenir ou de nous engager.

La solitude peut néanmoins fournir une information intéressante lorsque nous avons beaucoup appris à nous adapter.

Que faisons-nous spontanément lorsqu’il n’y a plus personne à satisfaire ? Quel rythme adoptons-nous ? Qu’est-ce qui attire notre attention ? Quelles activités nous donnent envie de prolonger le temps ? Quels sujets éveillent naturellement notre curiosité ?

Il ne s’agit pas d’en faire un test permettant de découvrir notre “véritable personnalité”.

Ces moments offrent simplement un espace dans lequel la pression d’adaptation diminue suffisamment pour que certaines préférences deviennent plus audibles. Et lorsque nous avons longtemps cherché nos réponses dans le regard des autres, retrouver cette écoute peut constituer une étape importante.

Retrouver ses valeurs plutôt que chercher une définition parfaite de soi

Chercher son identité peut facilement devenir une nouvelle injonction.

Nous voulons enfin savoir exactement qui nous sommes, quelles sont nos qualités fondamentales, notre véritable personnalité, notre voie ou la vie qui nous correspond parfaitement.

Mais cette recherche peut nous enfermer dans une nouvelle forme de contrôle. Nous n’avons pas nécessairement besoin de parvenir à une définition définitive de nous-mêmes. Il peut être beaucoup plus utile de commencer par identifier ce qui compte suffisamment pour orienter nos choix.

Quelles valeurs souhaitons-nous réellement incarner dans notre vie ? Liberté ? Sécurité ? Créativité ? Famille ? Authenticité ? Transmission ? Aventure ? Stabilité ? Justice ? Amour ? Indépendance ?

Deux personnes peuvent partager une même valeur et lui donner des formes totalement différentes. L’important n’est donc pas de sélectionner les “bonnes” valeurs, mais d’observer si notre vie actuelle leur accorde réellement une palce.

Une personne qui considère la liberté comme essentielle peut découvrir qu’elle a construit un quotidien extrêmement contraint. Une personne qui valorise profondément les relations peut contacter que son rythme de vie ne lui laisse presque aucun temps pour les personnes qu’elle aime.

Ce décalage ne demande pas nécessairement une transformation radicale.

il fournit surtout une information : il existe peut-être aujourd’hui une distance entre ce qui compte pour moi et la manière dont je vis. Et retrouver son identité commence souvent par réduire progressivement cette distance.

Comment retrouver son identité profonde sans chercher à devenir quelqu’un d’autre ?

Lorsque nous réalisons que nous nous sommes beaucoup adaptés, une tentation peut apparaître : vouloir identifier rapidement tout ce qui serait “vraiment nous” et éliminer ce qui viendrait du conditionnement. Mais notre histoire fait partie de notre identité.

Les adaptations que nous avons développées ne sont pas ds éléments étrangers qu’il suffirait de retirer pour révéler, dessous, une personnalité intacte. Certaines nous ont protégés. D’autres nous ont permis de développer de véritables qualités. Et certaines façons d’être initialement apprises peuvent aujourd’hui nous correspondre pleinement.

L’enjeu n’est donc pas de faire le tri entre un “vrai moi” et un “faux moi”. Il est plutôt de retrouver la possibilité de choisir. Je peux être disponible pour les autres parce que j’aime profondément soutenir ceux qui comptent pour moi, sans considérer que je dois toujours être disponible pour mériter leur affection. Je peux aimer réussir sans croire que ma valeur dépend de mes résultats. Je peux rechercher l’harmonie sans renoncer à exprimer un désaccord.

Ce n’est pas nécessairement le comportement qui change. C’est la liberté intérieure avec laquelle nous le choisissons.

Répondre et écouter ses préférences dans les petites choses

Lorsque nous ne savons plus très bien ce que nous voulons dans les grandes décisions, commencer par des questions existentielles peut être décourageant. “Quel métier me correspond vraiment ?”, “Quelle vie ai-je envie de mener ?”, “Qui suis-je profondément ?”. Ces questions sont importantes, mais elles demandent parfois une clarté que nous n’avons justement plus.

Retrouver ses propres repères peut commencer beaucoup plus simplement.

Qu’est-ce que j’ai envie de faire aujourd’hui ? Est-ce que cette invitation me fait réellement plaisir ? Est-ce que j’aime cette activité ou est-ce que je la poursuis par habitude ? Est-ce que je préfère le calme ou ai-je besoin de voir du monde ? Qu’est-ce qui me donne de l’énergie ? Qu’est-ce qui m’épuise systématiquement ?

Ces observations peuvent sembler insignifiantes. Pourtant, elles rétablissent progressivement une habitude essentielle : consulter son propre ressenti avant de chercher la répondre à l’extérieur. Cela ne signifie pas suivre chacune de ses envies.

Nous avons des responsabilités, des engagements et des contraintes. Mais nous pouvons reconnaître une préférence même lorsque nous décidons de ne pas la suivre. Cette reconnaissance permet déjà de cesser de disparaître de nos propres décisions.

Observer les “je dois” qui organisent notre vie

Certaines phrases intérieures peuvent révéler les règles que nous avons intégrées au fil du temps.

“Je dois être fort.”

“Je dois réussir.”

“Je dois être disponible.”

“Je dois faire plaisir.”

“Je ne dois pas décevoir.”

“Je devrais déjà avoir accompli cela à mon âge.”

Toutes ces règles ne sont pas nécessairement mauvaises. Certaines correspondent à des responsabilités que nous avons librement choisies ou à des valeurs auxquelles nous tenons réellement. Mais il peut être intéressant de les interroger. Qui a décidé que je devais vivre ainsi ? Est-ce encore important pour moi aujourd’hui ? Est-ce une valeur personnelle, une obligation réelle, une habitude familiale, une norme sociale ou la peur de ce qui arriverait si je faisais autrement ?

Parfois, nous découvrons que nous continuons à respecter une règle alors que personne ne nous la demande plus. Nous avons simplement intégré l’attente au point de devenir nous-mêmes celui ou celle qui la fait respecter.

Retrouver son identité profonde passe alors moins par une rébellion contre toutes les normes que par une capacité nouvelle à décider lesquelles nous souhaitons encore faire nôtres.

Retrouver ses limites pour retrouver sa place

Nos limites donnent également beaucoup d’informations sur notre identité. Elles nous indiquent ce que nous pouvons accueillir, ce que nous ne souhaitons plus accepter, ce dont nous avons besoin pour nous sentir respectés et la manière dont nous voulons entrer en relation.

Lorsque nous avons longtemps vécu dans la suradaptation, ces limites peuvent devenir difficiles à percevoir. Nous savons que quelque chose nous dérange seulement lorsque nous sommes déjà épuisés ou en colère. Nous acceptons une demande, puis regrettons immédiatement. Nous nous sentons envahis sans avoir identifié le moment où nous aurions voulu dire stop.

Réapprendre à poser des limites demande donc d’abord de les remarquer avant qu’elles soient dépassées. Une irritation, une tension corporelle, une envie de se retirer ou une fatigue soudaine ne signifient pas automatiquement qu’une limite a été franchie. Mais ces signaux peuvent inviter à vérifier ce qui se passe.

Ai-je réellement envie de continuer cette conversation ? Est-ce que j’accepte parce que je le souhaite ou parce que j’ai peur de dire non ? Est-ce que cette manière de me parler me convient ? Est- ce que je dispose encore de l’énergie nécessaire pour être présent ?

Chaque fois que nous prenons ces questions au sérieux, nous renforçons un message intérieur essentiel : ce que je ressens et ce dont j’ai besoin ont également une place dans la relation.

Accepter de déplaire pour pouvoir davantage se respecter

Retrouver son identité implique parfois une expérience inconfortable : découvrir que certaines personnes préféraient la version de nous qui s’adaptait davantage. Lorsque nous commençons à dire non, exprimer une opinion différente ou à modifier certaines habitudes, notre entourage peut être surpris.

Une personne habituée à notre disponibilité peut trouver que nous sommes devenus moins généreux. Quelqu’un qui prenait régulièrement les décisions peut ne pas apprécier que nous exprimions davantage nos préférences. Une famille peut avoir du mal à comprendre pourquoi nous remettons soudainement en question certaines habitudes.

Cela ne signifie pas automatiquement que ces personnes sont malveillantes. Les relations développent leurs propres équilibres. Lorsque l’un des membres change sa manière d’occuper sa place, cet équilibre doit lui aussi évoluer.

Mais cette période peut réveiller exactement les peurs qui avaient favorisé la suradaptation : être rejeté, décevoir, provoquer un conflit ou ne plus être aimé de la même manière. C’est pourquoi revenir à soi demande parfois davantage que de savoir ce que nous voulons.

Il faut apprendre à tolérer que notre authenticité ne produise pas toujours l’approbation que notre adaptation permettait d’obtenir.

Retrouver son identité dans les relations plutôt qu’en dehors d’elles

Nous pourrions être tentés de croire qu’il faudrait nous éloigner des autres pour enfin découvrir qui nous sommes. Un temps de solitude peut effectivement être précieux. Mais l’identité se reconstruit aussi dans la relation.

C’est en osant exprimer une préférence que nous découvrons ce que cela fait d’être entendu. En posant une limite, nous observons quelles relations peuvent évoluer avec nous. En demandant de l’aide, nous expérimentons une place différente de celle de la personne toujours autonome. En disant que quelque chose nous a blessés, nous cessons de cacher une partie de notre expérience pour préserver l’harmonie.

Nous ne faisons donc pas que “découvrir” notre identité. Nous la construisons également à travers de nouvelles expériences.

Et certaines relations deviennent particulièrement précieuses parce qu’elles nous offrent suffisamment de sécurité pour expérimenter d’autres manières d’être : moins parfait, moins utile, moins contrôlé, plus vulnérable ou simplement plus spontané.

Une relation saine ne nous demande pas d’être exactement identiques à l’autre. Elle permet progressivement à chacun d’exister sans devoir constamment se réduire pour préserver le lien.

L’identité profonde n’est pas une destination définitive

L’une des idées les plus libératrices consiste peut-être à accepter que nous n’aurons jamais terminé de découvrir qui nous sommes. Nous évoluons. Une expérience peut révéler une capacité que nous ignorions. Une rencontre peut modifier notre regard sur la vie. Une séparation peut remettre en question certaines priorités. Un changement professionnel peut faire émerger des aspirations jusque-là secondaires.

Ce mouvement ne signifie pas que nous sommes instables ou que notre identité précédente était fausse. Il signifie simplement que nous sommes vivants. Retrouver son identité profonde ne consiste donc pas à parvenir à une définition parfaite de soi que nous devrions ensuite préserver.

Il s’agit plutôt de développer une relation suffisamment solide avec soi pour pouvoir continuer à évoluer sans perdre systématiquement ses propres repères. Nous pouvons changer d’avis. Nous pouvons ne plus vouloir ce que nous voulions autrefois. Nous pouvons découvrir qu’une ancienne version de notre vie ne vous correspond plus sans considérer que les années passées étaient une erreur.

Parfois, revenir à soi signifie justement accepter de ne plus être la personne que nous avions cru devoir rester.

Les périodes de transition peuvent devenir des périodes de redéfinition

Une perte de repères identitaires apparaît souvent à l’occasion d’une transition. Un changement professionnel, une séparation, un déménagement, un épuisement ou simplement une étape de vie peuvent remettre en question une organisation qui fonctionnait jusque-là.

Ces périodes sont inconfortables parce que l’ancienne définition de soi ne suffit plus tandis que la suivante n’est pas encore claire. Nous pouvons avoir l’impression d’être entre deux versions de notre existence.

La tentation consiste alors à vouloir reconstruire rapidement une nouvelle identité : trouver immédiatement un nouveau projet, une nouvelle direction, une nouvelle manière de se définir. Pourtant, cette période intermédiaire peut avoir une véritable fonction. Elle permet parfois de ne pas remplacer immédiatement un ancien rôle par un nouveau.

Nous pouvons observer ce qui reste lorsque certaines certitudes disparaissent, ce que nous voulons conserver de notre ancienne vie et ce que nous ne souhaitons plus reproduire. C’est aussi pourquoi une transition de vie peut devenir un moment particulièrement fécond de retour à soi.

Non parce que tout crise cacherait nécessairement une transformation merveilleuse, mais parce que ce qui ne fonctionne plus nous oblige parfois à interroger ce que nous n’avions jamais pensé à remettre en question.

Quand retrouver son identité demande aussi de faire le deuil de certaines versions de soi

Revenir à soi n’est pas toujours un processus agréable. Nous pouvons découvrir que certains projets ne nous correspondent plus, que des relations reposaient en partie sur notre capacité à nous adapter ou que l’image que nous avions construite de nous-mêmes ne reflète plus complètement la personne que nous sommes devenue.

Ces prises de conscience peuvent provoquer de la tristesse. Il faut parfois faire le deuil d’une trajectoire que nous avions imaginée, d’une reconnaissance que nous avons longtemps cherchée ou de cette version de nous qui pensait qu’en faisant suffisamment bien les choses, elle finirait pas se sentir pleinement à sa place. Ce deuil ne signifie pas que tout ce qui précède était faux.

Nous avons fait des choix avec les besoins, les connaissances et les possibilités qui étaient les nôtres à ce moment-là. Certaines expériences nous ont nourris pendant plusieurs années avant de ne plus nous convenir. Certaines adaptations nous ont permis de traverser des périodes difficiles avant de devenir trop contraignantes.

Nous pouvons reconnaître leur fonction sans leur demander de continuer à organiser notre avenir. Retrouver son identité profonde suppose alors une forme de réconciliation avec son propre parcours : ne pas avoir besoin de condamner celui que nous avons été pour nous autoriser à devenir autrement.

Peut-on réellement se libérer de tous ses conditionnements ?

L’idée de “déconditionnement” peut laisser penser qu’il serait possible de retirer progressivement toutes les influences extérieures pour retrouver une identité entièrement personnelle. Mais personne ne se construit en dehors d’une histoire, d’une famille, d’une culture ou d’une société.

Nos goût eux-mêmes se développent au contact de ce que nous découvrons. Nos valeurs évoluent à travers nos expériences. Notre manière de penser porte nécessairement la trace des personnes, des environnements et des événements qui nous ont façonnés.

L’objectif ne peut donc pas être de devenir un être totalement débarrassé de toute influence. Nous pouvons en revanche développer davantage de conscience sur certaines influences et nous demander ce que nous souhaitons en faire.

Je peux reconnaître une valeur transmise par ma famille et décider qu’elle me correspond profondément. Je peux conserver certaines traditions tout en abandonnant les rôles qui les accompagnaient. Je peux également remettre en question une croyance que j’ai longtemps considérée comme évidente.

La liberté ne réside donc pas dans l’absence de conditionnement. Elle se trouve davantage dans notre capacité à examiner ce que nous avons reçu et à participer consciemment à ce que nous choisissons de continuer à construire.

Se réconcilier avec soi plutôt que chercher une meilleure version de soi

Le développement personnel nous invite souvent à devenir une “meilleure version de nous-mêmes”.

L’intention peut être stimulante, mais elle comporte aussi un risque : transformer le travail sur soi en une nouvelle manière de considérer que la personne que nous sommes aujourd’hui n’est jamais suffisante.

Il faudrait être plus confiant, plus aligné, plus serein, mieux organisé, davantage capable de poser ses limites et totalement libéré de ses blessures. Nous pouvons alors passer notre vie à essayer d’atteindre une version idéale de nous-mêmes. Retrouver son identité profonde propose un mouvement différent.

Il ne s’agi pas de renoncer à évoluer. Nous pouvons vouloir modifier certains comportements, travailler sur des difficultés ou développer de nouvelles capacités. Mais cette évolution peut partir d’un endroit différent : non plus “je dois devenir quelqu’un d’autre pour être suffisamment bien”n mais “je peux évoluer sans considérer que la personne que je suis aujourd’hui doit être rejetée”.

C’est ici que la notion de réconciliation prend toute sa profondeur. Se réconcilier avec soi ne signifie pas tout aimer de soi ni renoncer au changement. Cela signifie pouvoir regarder son histoire, des contradictions, ses fragilités, ses besoins et ses aspirations sans organiser toute son existence autour de la nécessité de se corriger.

Nous pouvons alors changer parce que quelque chose ne nous convient plus, et non parce que nous croyons devoir devenir quelqu’un de plus acceptable.

La place d’un accompagnement dans la reconnexion à soi

Il est possible de retrouver progressivement ses propres repères à travers l’expérience, l’écriture, les relations, les périodes de solitude ou simplement en apprenant à écouter davantage ce que l’on ressent. Mais certaines personnes constatent que la compréhension intellectuelle ne suffit pas toujours.

Elles savent qu’elles se suradaptent, mais continuent à dire oui lorsqu’elles voudraient refuser. Elles identifient parfaitement certaines croyances familiales, mais celles-ci influencent encore fortement leurs choix. Elles comprennent pourquoi elles recherchent l’approbation, sans parvenir pour autant à se détacher du regard extérieur.

Un accompagnement peut alors offrir un espace dans lequel explorer ces fonctionnements avec davantage de recul. L’objectif n’est pas qu’une autre personne nous dise qui nous sommes.

Au contraire, un accompagnement pertinent devrait progressivement permettre de retrouver ses propres réponses, de mieux identifier ses besoins et de comprendre les mécanismes qui rendent parfois difficile le fait de leur accorder une place.

Selon la nature des difficultés rencontrées, différents types d’accompagnement peuvent être adaptés. Lorsque la perte de repères s’accompagne d’une souffrance psychologique importante, de symptômes anxieux ou dépressifs, de traumatismes ou d’une détresse persistante, il reste essentiel de se tourner vers un professionnel de santé mentale qualifié.

La Méthode Luminaé™: un travail autour de la réconciliation avec soi

La Méthode Luminaé™ s’inscrit dans une approche thérapeutique énergétique intégrative et individualisée. Elle ne cherche pas à définir à la place de la personne quelle serait sa “véritable identité”, ni à lui proposer un modèle auquel elle devrait correspondre. Le travail part de ce qui se manifeste auquel elle devrait correspondre.

Le travail part de ce qui se manifeste dans sa vie actuelle. Il peut s’agir d’une difficulté à poser des limites, de schémas relationnels qui se répètent, d’émotions particulièrement présentes, d’un sentiment de perte de sens ou de cette impression plus difficile à nommer de ne plus savoir exactement ce qui nous correspond.

Selon ce qui émerge, l’accompagnement peut amener à explorer l’histoire personnelle, certaines blessures, les émotions, les mémoires, les héritages familiaux, les conditionnements ou la dimension énergétique.

L’enjeu reste cependant le même : comprendre ce qui éloigne aujourd’hui la personne d’elle-même et lui permettre de retrouver davantage de liberté dans sa manière de vivre et de choisir. Il ne s’agit pas de fabriquer une nouvelle identité.

Il s’agit davantage de créer les conditions permettant à chacun de se réapproprier progressivement sa place, ses besoins, ses limites et ses propres repères.

Conclusion : retrouver son identité, c’est peut-être recommencer à se consulter soi-même

Nous cherchons parfois notre identité comme s’il existait quelque part une réponse définitive à la question “qui suis-je ?”. Mais peut-être que cette réponse ne prend pas la forme d’une définition. Notre identité apparaît aussi dans la manière dont nous faisons nos choix, dans ce que nous acceptons ou refusons, dans les relations que nous construisons, dans les valeurs auxquelles nous décidons de donner une place et dans la façon dont nous évoluons au fil de notre vie.

Nous ne pouvons pas effacer toutes les influences qui nous ont construits. Et nous n’avons pas besoin de rejeter toutes nos adaptations pour devenir enfin nous-mêmes. Nous pouvons simplement apprendre à les regarder avec davantage de conscience. Est-ce que cela me correspond encore ? Est-ce que je choisis réellement cette manière de vivre ? Est-ce que je peux entendre les attentes des autres sans oublier les miennes ? Est-ce que la personne que je suis devenue possède encore le droit de changer ?

Retrouver son identité profonde ne signifie alors plus partir à la recherche d’une essence cachée. Cela signifie revenir suffisamment près de soi pour pouvoir à nouveau participer consciemment à la personne que l’on devient.

Et parfois, le premier mouvement est extrêmement simple : avant de demander au monde extérieur ce que nous devrions faire, recommencer par nous demander ce que nous en pensons, ce que nous ressentons et ce que nous voulons.

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